Contrefaçon et action en justice : le cadre juridique expliqué aux dirigeants
Une entreprise découvre que ses produits sont copiés sur un marché en ligne, ou qu'un concurrent commercialise une technologie protégée par ses brevets. La question se pose immédiatement : comment agir, dans quel délai, et avec quels effets ? Contrefaçon et action en justice constituent un terrain où la complexité technique du droit de la propriété intellectuelle se croise avec les impératifs opérationnels de la direction générale et de la direction des systèmes d'information.
La contrefaçon désigne, au sens du Code de la propriété intellectuelle, toute atteinte aux droits exclusifs conférés par un titre de propriété industrielle ou par la protection légale accordée aux créations de l'esprit – marques, brevets, dessins et modèles, droits d'auteur, logiciels. L'action en contrefaçon est la voie judiciaire permettant au titulaire de ces droits d'obtenir réparation et d'obtenir l'interdiction de la poursuite des actes illicites. Le cadre applicable en France repose principalement sur le Code de la propriété intellectuelle, complété par les dispositions du Code civil et, pour la dimension pénale, par le Code pénal.
Ce dossier présente les fondements du cadre juridique, les leviers d'action disponibles, les risques symétriques que court l'entreprise en position de défendeur, et les points de vigilance que toute direction devrait intégrer dans sa gestion des actifs immatériels. Chaque section s'ouvre sur une réponse directe, de façon à pouvoir être consultée de manière autonome.
Pourquoi la contrefaçon est-elle un enjeu stratégique pour la direction ?
La contrefaçon affecte directement la valeur économique des actifs immatériels d'une entreprise. Qu'il s'agisse d'une marque usurpée, d'un logiciel copié ou d'un procédé de fabrication reproduit sans autorisation, l'atteinte aux droits exclusifs pèse sur les parts de marché, sur la réputation et, de façon moins visible, sur la confiance des partenaires et des investisseurs.
Pour la direction générale, l'enjeu ne se limite pas à la détection de la violation. Il s'agit d'arbitrer entre plusieurs réponses – mise en demeure, saisie-contrefaçon, action civile, plainte pénale, procédure douanière – en tenant compte des délais, des coûts procéduraux, de l'impact médiatique et de l'exposition en défense si la validité du titre est contestée. Cette décision engage la direction à la fois sur le terrain du droit et sur celui de la stratégie commerciale.
Dans notre pratique de la protection des actifs immatériels, nous observons que les situations de contrefaçon les plus coûteuses ne sont pas toujours celles où l'atteinte est la plus flagrante. Elles sont souvent celles où l'entreprise a tardé à constituer sa preuve, à sécuriser ses titres ou à qualifier juridiquement l'acte litigieux. Le temps perdu en amont se paye en procédure.
La direction des systèmes d'information est, pour sa part, exposée à une forme de contrefaçon souvent sous-estimée : la reproduction non autorisée de logiciels, la copie de bases de données protégées ou l'extraction systématique de données couvertes par le droit sui generis du producteur de bases de données. Ces situations mobilisent le Code de la propriété intellectuelle dans des conditions que les équipes techniques ne maîtrisent pas toujours.
Quel est le cadre juridique applicable à la contrefaçon en France ?
Le cadre juridique de la contrefaçon en France est organisé autour du Code de la propriété intellectuelle, qui répartit les droits protégés et les voies de recours selon la nature du titre en cause. Il est complété, pour les aspects procéduraux civils, par le Code de procédure civile, et pour la dimension répressive, par le Code pénal.
Le Code de la propriété intellectuelle reconnaît plusieurs catégories de droits :
- Les droits d'auteur et droits voisins, qui protègent les œuvres de l'esprit – y compris les logiciels et les bases de données – sans formalité de dépôt.
- Les marques, qui désignent tout signe distinctif déposé auprès de l'Institut national de la propriété industrielle (INPI) ou, pour les marques de l'Union européenne, auprès de l'Office de l'Union européenne pour la propriété intellectuelle.
- Les brevets, qui confèrent un monopole d'exploitation sur une invention nouvelle, répondant à une activité inventive et susceptible d'application industrielle.
- Les dessins et modèles, qui protègent l'apparence d'un produit ou d'une partie de produit.
- Les indications géographiques et les appellations d'origine, relevant d'un régime spécifique.
Pour chacune de ces catégories, la loi définit les actes constitutifs de contrefaçon, les voies d'action ouvertes au titulaire, les mesures conservatoires disponibles et les modes de calcul du préjudice réparable. L'action civile en contrefaçon vise à obtenir l'interdiction des actes illicites, la confiscation ou la destruction des objets contrefaisants, et la réparation du préjudice subi.
Sur le plan pénal, les dispositions du Code pénal répriment la contrefaçon de marque et de brevet, entre autres, par des peines d'emprisonnement et des amendes. La voie pénale peut être utilisée de façon autonome ou conjointement à l'action civile, selon la stratégie retenue.
En matière de marques, le droit de l'Union européenne joue un rôle déterminant, notamment à travers les règlements applicables à la marque de l'Union européenne. Les directives européennes relatives à l'enforcement des droits de propriété intellectuelle ont, par ailleurs, harmonisé les règles sur les preuves, les mesures provisoires et les dommages et intérêts dans l'ensemble des États membres.
Vous évaluez une situation de contrefaçon ou une demande de cession de droits ?
La procédure décrite ci-dessus vaut pour les situations courantes. Votre dossier suppose l'examen des actes, des titres, des délais et de la pratique des juridictions compétentes. Une analyse préalable permet d'identifier la stratégie la plus adaptée avant toute action.
Pour un premier avis sur votre dossier, adressez-nous un message à contact@vernaylestang.com.
Comment se déroule une action en contrefaçon devant les juridictions françaises ?
L'action en contrefaçon se déroule devant des juridictions spécialisées, désignées par la loi pour chaque catégorie de titre. Les tribunaux judiciaires – et, pour les marques de l'Union européenne et certains litiges de brevets, un tribunal à compétence nationale exclusive – sont saisis selon des règles de compétence propres à la propriété intellectuelle.
La première étape est généralement la constitution de la preuve. L'entreprise qui se prétend victime de contrefaçon doit démontrer l'existence du titre, la réalité des actes contrefaisants et l'étendue du préjudice. Cette phase est critique : une preuve mal constituée fragilise l'ensemble de la procédure.
La saisie-contrefaçon est une mesure préalable à l'action au fond, spécifique à la matière. Elle permet à l'huissier mandaté par l'auteur du droit de pénétrer dans les locaux de la personne soupçonnée, avec l'autorisation d'un juge, pour saisir ou décrire les objets litigieux. Cette procédure est l'une des plus efficaces pour constituer la preuve en matière de propriété industrielle. Elle doit être mise en œuvre avec précision : toute irrégularité peut conduire à l'annulation de la saisie.
L'action au fond comporte plusieurs phases :
- Assignation de la partie adverse devant la juridiction compétente.
- Échanges de conclusions entre les parties, au cours desquels le défendeur peut contester la validité du titre invoqué.
- Le cas échéant, mesures d'instruction (expertises, production de pièces).
- Jugement sur la contrefaçon, la validité du titre et les réparations dues.
La procédure peut, parallèlement, donner lieu à des mesures provisoires – interdiction provisoire, séquestre – obtenues en référé. Ces mesures sont d'autant plus importantes que la procédure au fond peut s'étendre sur une durée significative.
Illustration de pratique – Bordeaux, printemps 2025
Nous avons accompagné une entreprise du secteur agroalimentaire, titulaire d'une marque déposée à l'INPI, confrontée à la commercialisation de produits similaires sur des places de marché en ligne. La constitution de la preuve par voie de constat d'huissier, préalable à toute saisie-contrefaçon, a permis de caractériser les actes litigieux et d'obtenir une mesure provisoire d'interdiction avant même l'ouverture de la procédure au fond. La direction a pu reprendre le contrôle de sa présence commerciale en ligne dans un délai maîtrisé.
Quels risques court une entreprise en position de défendeur ?
Une entreprise assignée en contrefaçon est exposée à des risques cumulés : condamnation à réparer un préjudice qui peut être significatif, interdiction d'exploiter un produit ou un procédé central à son activité, destruction des stocks litigieux et, en matière pénale, poursuites contre les dirigeants. La position de défendeur est souvent plus périlleuse que la position de demandeur, parce que les mesures provisoires peuvent affecter l'exploitation avant même tout jugement définitif.
Le premier réflexe en défense est la contestation de la validité du titre invoqué par le demandeur. Un brevet mal rédigé, une marque déposée de mauvaise foi ou un droit d'auteur dont la titularité est incertaine sont des angles d'attaque classiques. Dans notre pratique du contentieux en propriété intellectuelle, nous observons que la contestation en validité est souvent le levier le plus puissant pour le défendeur.
La seconde ligne de défense est la limitation du périmètre de la contrefaçon alléguée : démontrer que les actes reprochés n'entrent pas dans le monopole conféré par le titre, ou qu'ils relèvent d'une exception légale. En droit d'auteur, les exceptions au monopole sont définies de façon limitative par le Code de la propriété intellectuelle. En droit des brevets, l'épuisement des droits et l'exception de recherche constituent des défenses classiques.
Enfin, le défendeur doit évaluer l'opportunité d'une transaction ou d'un accord de licence. Un litige en propriété intellectuelle consomme des ressources significatives pour les deux parties. Une issue négociée – licence, co-existence, accord de cession – peut s'avérer plus rationnelle qu'un procès long, même lorsque la défense juridique est solide.
Vous faites l'objet d'une mise en demeure ou d'une assignation en contrefaçon ?
Si une démarche antérieure ou une mise en demeure a produit un effet défavorable, un second regard sur le dossier permet d'identifier les leviers de défense restants – contestation en validité, limitation du périmètre, négociation.
Quelle est la dimension numérique et données dans l'action en contrefaçon ?
La contrefaçon numérique présente des caractéristiques propres qui compliquent l'identification des auteurs, la constitution de la preuve et la mise en œuvre des mesures. Logiciels, bases de données, œuvres diffusées en ligne, algorithmes ou interfaces utilisateur protégées par le droit d'auteur : autant d'actifs pour lesquels la direction des systèmes d'information est en première ligne.
La protection des logiciels est organisée par le Code de la propriété intellectuelle, qui assimile les logiciels aux œuvres de l'esprit. La contrefaçon d'un logiciel peut résulter d'une copie du code source, d'une reproduction de l'architecture fonctionnelle ou d'un accès non autorisé à une interface protégée. La jurisprudence des juridictions françaises – Cour de cassation et cours d'appel – a progressivement précisé les contours de cette protection, en particulier pour distinguer ce qui relève du droit exclusif de ce qui relève du simple fonctionnement logique du programme.
La question de la titularité des droits sur les logiciels développés en interne ou par des prestataires est un point de vigilance récurrent. Le Code de la propriété intellectuelle prévoit un régime spécifique pour les logiciels créés par les salariés dans l'exercice de leurs fonctions, mais ce régime n'est pas automatique pour les prestataires externes. Une cession de droits mal rédigée ou un contrat de développement silencieux sur la propriété des livrables expose l'entreprise à une situation de contrefaçon involontaire.
Les bases de données font, par ailleurs, l'objet d'une double protection : le droit d'auteur, lorsque leur structure est originale, et le droit sui generis du producteur de bases de données, qui protège l'investissement consenti pour constituer la base, indépendamment de toute originalité. L'extraction non autorisée de données – pratique fréquente dans les environnements de données massives – peut engager la responsabilité de l'extracteur sur ce fondement.
La dimension données personnelles s'articule, enfin, avec le cadre de la contrefaçon lorsque les actifs litigieux contiennent des données à caractère personnel. Le Règlement général sur la protection des données (RGPD) et la loi Informatique et Libertés imposent des obligations spécifiques qui conditionnent la recevabilité et l'utilisation de certaines preuves. Pour un approfondissement sur ce point, nous vous invitons à consulter notre dossier sur la responsabilité du responsable de traitement et les enjeux RGPD pour les entreprises.
Illustration de pratique – Île-de-France, automne 2024
Nous avons accompagné une société de services numériques dans la qualification juridique d'une situation d'extraction systématique de sa base de données par un concurrent. L'analyse a porté à la fois sur le droit sui generis du producteur et sur les conditions de la preuve numérique admissibles devant le tribunal judiciaire. Le dossier a mis en évidence la nécessité de distinguer les données protégées par le droit de la propriété intellectuelle de celles relevant du RGPD, dont les règles d'utilisation conditionnent la recevabilité de certaines pièces.
Matrice de décision : quelle stratégie d'action adopter face à une contrefaçon ?
Le choix de la voie d'action dépend de la nature du titre, de l'urgence de la situation et des objectifs poursuivis par l'entreprise. Voici une matrice de décision en texte pour orienter la réflexion de la direction :
Situation A – Atteinte à une marque déposée, actes identifiés, préjudice commercial immédiat
Instrument recommandé : saisie-contrefaçon suivie d'une action civile au fond, doublée d'une procédure douanière si les produits sont importés.
Délai d'action : rapide, conditionné à la solidité du titre et à la constitution de la preuve.
Niveau de risque en défense : moyen si le titre est valide et bien documenté ; élevé si la marque est fragile ou si l'entreprise est également en défense sur d'autres aspects.
Situation B – Contrefaçon de logiciel par un prestataire ou un concurrent
Instrument recommandé : analyse préalable de la titularité des droits, puis mise en demeure formelle, action civile avec demande de production forcée du code source.
Délai d'action : variable selon la complexité de l'analyse technique et juridique.
Niveau de risque : élevé si la chaîne de titularité est incomplète (contrats de prestataires non sécurisés).
Situation C – Extraction non autorisée de base de données
Instrument recommandé : action sur le fondement du droit sui generis du producteur et, le cas échéant, sur le fondement de la concurrence déloyale.
Délai d'action : conditionné à la constitution de la preuve numérique (constat d'huissier, analyse forensique).
Niveau de risque : modéré si l'investissement dans la base est documenté ; faible si la base n'a pas fait l'objet d'une formalisation de la protection.
Situation D – Entreprise en position de défendeur
Instrument recommandé : contestation en validité du titre, limitation du périmètre de la contrefaçon alléguée, évaluation rapide d'une solution négociée.
Délai de réaction : impératif dès la réception de la mise en demeure ou de l'assignation.
Niveau de risque : élevé sans réaction rapide, notamment en raison des mesures provisoires.
Quels points de vigilance la direction devrait-elle intégrer dès maintenant ?
La prévention est le levier le plus efficace en matière de contrefaçon : elle réduit le coût et la durée des procédures, et renforce la position de l'entreprise en cas de litige.
Voici les points de vigilance prioritaires pour la direction générale et la direction des systèmes d'information :
- Inventaire des titres et vérification de leur validité : Un titre mal entretenu – marque non renouvelée, brevet dont les annuités ne sont pas payées – est un titre affaibli, voire nul. L'inventaire régulier des droits détenus est une condition de base de toute stratégie de protection.
- Sécurisation des contrats avec les prestataires et les salariés : Les contrats de développement, de création et de prestation doivent contenir des clauses expresses de cession de droits de propriété intellectuelle. L'absence de ces clauses expose l'entreprise à des incertitudes de titularité qui fragilisent toute action en contrefaçon.
- Veille sur l'utilisation des titres : La surveillance active des marchés – en ligne et physiques – est un prérequis à la détection précoce des atteintes. Plus la détection est tardive, plus la preuve est difficile à constituer.
- Documentation des investissements en recherche et développement : Pour les bases de données et les logiciels, la documentation de l'investissement consenti est une condition de la protection. Un producteur de base de données qui ne peut justifier son investissement s'expose à perdre le bénéfice du droit sui generis.
- Articulation avec la conformité RGPD : Toute procédure impliquant des données personnelles suppose une analyse de la compatibilité des mesures probatoires avec les obligations du Règlement général sur la protection des données. Pour approfondir ce point, notre équipe assure également un accompagnement en mise en conformité RGPD.
Sur la question de la conformité commerciale, il peut également être utile de s'assurer que les pratiques tarifaires de l'entreprise ne créent pas de vulnérabilités indirectes : notre guide sur la conformité de la politique de prix présente les étapes, conditions et délais applicables.
Comment les tendances récentes modifient-elles l'action en contrefaçon ?
Plusieurs évolutions récentes du droit et de la pratique modifient significativement le cadre de la contrefaçon et action en justice, et méritent l'attention des directions.
La numérisation des marchés a profondément transformé la géographie de la contrefaçon. Les places de marché en ligne, les réseaux sociaux et les plateformes de distribution numérique sont devenus des vecteurs majeurs d'atteinte aux droits de propriété intellectuelle. Le droit de l'Union européenne, notamment au travers des textes relatifs au marché numérique, impose désormais aux opérateurs de plateformes des obligations de vigilance renforcée à l'égard des contenus contrefaisants. Ces obligations créent de nouvelles voies d'action pour le titulaire, y compris des procédures de retrait rapide sans action judiciaire préalable.
L'intelligence artificielle générative soulève des questions inédites de titularité et de contrefaçon. Lorsqu'un système d'intelligence artificielle est entraîné sur des œuvres protégées ou produit des résultats qui reproduisent substantiellement une œuvre préexistante, le cadre du droit d'auteur est interpellé dans des termes que la jurisprudence n'a pas encore entièrement stabilisés. Nous accompagnons régulièrement des entreprises qui cherchent à positionner leurs pratiques d'intelligence artificielle au regard de ces incertitudes.
La réforme du droit des brevets au niveau européen – notamment avec le brevet unitaire européen et la juridiction unifiée des brevets – modifie les règles du jeu pour les entreprises qui protègent leurs inventions à l'échelle du marché intérieur. Cette juridiction unifiée est compétente pour connaître des litiges portant sur les brevets unitaires, ce qui ouvre des perspectives nouvelles d'action coordonnée à l'échelle européenne.
Enfin, la pratique des sanctions prononcées par la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) dans le domaine des données personnelles se développe dans un espace adjacent à celui de la propriété intellectuelle, notamment lorsque les actifs litigieux contiennent des données à caractère personnel. Ces sanctions peuvent intervenir indépendamment de l'action en contrefaçon, et il est essentiel que la direction juridique coordonne les deux dimensions.
Domaines liés
- Mise en conformité RGPD – accompagnement des entreprises dans la conformité au Règlement général sur la protection des données
- Responsabilité du responsable de traitement – analyse juridique des enjeux et stratégies pour les entreprises soumises au RGPD
FAQ – Contrefaçon et action en justice : questions fréquentes
1. Contrefaçon et action en justice : quelles évolutions récentes connaître ?
Les évolutions les plus significatives concernent la numérisation des vecteurs de contrefaçon, l'émergence de la juridiction unifiée des brevets en Europe et les incertitudes soulevées par l'intelligence artificielle générative en matière de droit d'auteur. Les obligations de vigilance imposées aux plateformes numériques par le droit de l'Union européenne ouvrent de nouvelles voies de retrait rapide pour le titulaire de droits. En matière de données personnelles, l'articulation entre les sanctions de la CNIL et l'action en contrefaçon est un point d'attention croissant pour les directions juridiques.
2. Quelles entreprises sont concernées ?
Toute entreprise titulaire d'actifs immatériels – marques, brevets, logiciels, bases de données, créations protégées par le droit d'auteur – est concernée, qu'elle soit en position de demandeur ou de défendeur. Les entreprises qui développent des logiciels, gèrent des bases de données ou distribuent des produits sur des marchés en ligne sont particulièrement exposées. La direction des systèmes d'information est en première ligne pour les questions de contrefaçon numérique.
3. Comment anticiper ces enjeux en pratique ?
L'anticipation repose sur quatre actions prioritaires : l'inventaire et le suivi des titres détenus, la sécurisation contractuelle des droits avec les prestataires et les salariés, la mise en place d'une veille sur l'utilisation des titres, et la documentation des investissements en recherche et développement. L'articulation avec la conformité au Règlement général sur la protection des données est indispensable lorsque les actifs concernés contiennent des données à caractère personnel.
4. Quelle est la différence entre l'action civile et l'action pénale en contrefaçon ?
L'action civile en contrefaçon vise à obtenir réparation du préjudice et l'interdiction des actes illicites, devant les juridictions civiles spécialisées. L'action pénale, engagée devant les juridictions correctionnelles, vise à réprimer le comportement illicite par des peines d'emprisonnement et des amendes. Les deux voies peuvent être cumulées : le dépôt d'une plainte pénale peut accélérer la constitution de la preuve et renforcer la position du titulaire dans la procédure civile parallèle.
5. La saisie-contrefaçon est-elle toujours nécessaire avant d'agir ?
La saisie-contrefaçon n'est pas obligatoire, mais elle est souvent décisive pour constituer la preuve en matière de propriété industrielle. Elle permet d'accéder aux éléments de preuve avant que la partie adverse n'en prenne connaissance et n'efface les traces des actes litigieux. D'autres modes de constitution de la preuve – constat d'huissier, constat en ligne, rapport d'expert – peuvent être utilisés selon la nature de la contrefaçon, notamment pour les atteintes numériques.
Vernay & Lestang – Avocats d'affaires · Paris
Vernay & Lestang conseille les directions générales, les directions juridiques et les directions des systèmes d'information sur la protection et la défense de leurs actifs immatériels. Notre équipe intervient en propriété intellectuelle, droit du numérique et conformité des données dans des situations contentieuses et en conseil préventif. Nous traitons aussi bien les procédures devant les juridictions françaises spécialisées que les dimensions européennes et transfrontalières, en coordination avec des conseils locaux dans les juridictions concernées. Les honoraires sont définis après analyse du dossier.
Avertissement : cette publication a une vocation purement informative et ne constitue pas un conseil juridique. Elle ne saurait se substituer à une analyse adaptée à votre situation. Pour un avis sur votre dossier, écrivez-nous à contact@vernaylestang.com.
Léa Caron
Analyste juridique au sein de Vernay & Lestang, Léa Caron traite les dossiers de droit social et de restructurations sociales.
Voir le profil · Publié le 21 avril 2026
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