Gouvernance des SAS et SA : le cadre juridique expliqué aux dirigeants
La gouvernance des SAS et SA désigne l'ensemble des règles – légales, statutaires et conventionnelles – qui organisent les pouvoirs de direction, de contrôle et de décision au sein de ces deux formes sociales. Elle est encadrée par les dispositions du Code de commerce relatives aux sociétés par actions. Au printemps 2026, les dirigeants et les investisseurs qui n'ont pas actualisé leurs statuts ou leur pacte d'associés depuis plus de trois ans s'exposent à des angles morts juridiques dont les conséquences peuvent peser lourdement sur la stabilité de l'entreprise et la fluidité des opérations sur le capital.
Ce dossier examine les fondements du cadre applicable, les leviers disponibles et les points de vigilance issus de notre pratique en opérations de gouvernance et de structuration du capital.
Pourquoi la gouvernance des SAS et SA est-elle un enjeu stratégique pour les dirigeants ?
La gouvernance n'est pas une formalité administrative : elle détermine qui décide, dans quel délai et avec quels garde-fous. Pour la SAS comme pour la SA, une architecture de gouvernance mal pensée génère des blocages opérationnels, des conflits entre actionnaires et, en cas d'opération sur le capital, des obstacles à la réalisation de la transaction.
Dans notre pratique des opérations sur le capital, nous observons que les conflits de gouvernance naissent rarement d'une mauvaise volonté des parties. Ils résultent le plus souvent d'un silence statutaire ou d'un pacte d'associés rédigé dans la précipitation lors de la création de la société, sans anticiper les étapes ultérieures : entrée d'un investisseur, transmission, changement de direction.
L'enjeu économique est réel. Une société dont la gouvernance est défaillante voit sa valorisation affectée lors d'une levée de fonds ou d'une cession. Les acquéreurs et les investisseurs institutionnels consacrent une part significative de leur analyse préalable – la diligence raisonnable (ou « due diligence ») – à l'examen des documents de gouvernance : statuts, règlement intérieur, pacte d'associés, procès-verbaux des organes. Un texte ambigu ou une clause contradictoire avec les statuts peut conduire à une renégociation du prix, à l'insertion de conditions suspensives supplémentaires, voire à l'abandon de l'opération.
La dimension juridique est tout aussi structurante. Le régime de responsabilité des dirigeants, qui découle des dispositions du Code de commerce et du Code civil, est directement influencé par la qualité de la documentation de gouvernance. Une décision prise en dehors du cadre statutaire ou sans les autorisations requises expose le dirigeant à une action en responsabilité, qu'elle soit civile ou pénale.
Une question de gouvernance peut bloquer une opération. Si vous préparez une levée de fonds, une cession ou une entrée d'investisseur, un diagnostic préalable de vos documents de gouvernance permet d'identifier les points de friction avant qu'ils ne deviennent des obstacles à la transaction.
Pour une analyse de votre situation au regard de la gouvernance de votre société, écrivez-nous à contact@vernaylestang.com.
SAS et SA : deux cadres de gouvernance fondamentalement différents
La société par actions simplifiée (SAS) et la société anonyme (SA) partagent la même famille juridique – les sociétés par actions – mais leurs régimes de gouvernance divergent sur un point central : la liberté statutaire.
La SA est la forme la plus réglementée. Les dispositions du Code de commerce lui imposent une structure d'organes précise. Elle peut adopter un régime moniste, avec un conseil d'administration et un directeur général, ou un régime dualiste, avec un directoire et un conseil de surveillance. Dans les deux cas, la loi fixe les attributions de chaque organe, les règles de quorum et de majorité, les conditions de révocation des mandataires et les obligations d'information des actionnaires. Cette rigidité n'est pas sans avantage : elle offre un cadre lisible pour les investisseurs institutionnels, les établissements de crédit et les tiers.
La SAS présente un profil radicalement différent. Les dispositions du Code de commerce qui la régissent organisent ses règles de fonctionnement autour du principe de liberté statutaire. Les associés fixent eux-mêmes les conditions dans lesquelles la société est dirigée, les décisions qui requièrent l'approbation collective et les modalités de cette approbation. Cette souplesse est sa principale force. Elle est aussi son principal risque : des statuts incomplets ou incohérents créent un vide que la loi ne comble pas automatiquement, contrairement au régime de la SA.
En pratique, nous accompagnons aussi bien des PME en SAS dont les statuts n'ont pas été révisés depuis la constitution que des groupes dont les filiales en SA nécessitent une mise à jour de leur règlement intérieur pour refléter l'évolution des délégations de pouvoirs. Dans les deux cas, le diagnostic de gouvernance précède toute opération significative.
Quels sont les organes de gouvernance et leurs attributions respectives ?
Les organes de gouvernance d'une société par actions se répartissent entre organes de direction, organes de contrôle et organes délibérants. Leur articulation définit l'architecture du pouvoir au sein de la société.
Dans la SA à conseil d'administration, le conseil concentre les fonctions de détermination des orientations stratégiques et de contrôle de leur mise en œuvre. Le directeur général assure la direction exécutive de la société et la représente à l'égard des tiers. Le conseil peut lui déléguer certaines attributions, mais les actes les plus importants – acquisitions ou cessions d'actifs significatifs, engagements hors exploitation courante – requièrent une autorisation préalable du conseil. La SA à directoire et conseil de surveillance sépare plus nettement les fonctions : le directoire gère, le conseil de surveillance surveille. Ce modèle, moins répandu, est souvent choisi pour des structures dont l'actionnariat est diversifié et souhaite une séparation claire des rôles.
Dans la SAS, la seule règle d'ordre public est la nomination d'un président, représentant légal de la société à l'égard des tiers. Tout le reste est statutaire. Les associés peuvent créer un comité stratégique, un conseil d'administration de droit privé, un directoire, ou n'instituer aucun organe collectif. Cette liberté impose une vigilance particulière sur la rédaction des clauses d'autorisation préalable, qui définissent les actes que le président ne peut accomplir sans l'accord d'un autre organe ou d'une catégorie d'associés.
La notion de convention réglementée mérite une attention particulière dans les deux formes. Elle désigne, au sens des dispositions du Code de commerce, les conventions conclues entre la société et l'un de ses dirigeants, actionnaires significatifs ou personnes qui leur sont liées. Ces conventions sont soumises à une procédure d'approbation spécifique : rapport du commissaire aux comptes dans la SA, procédure définie par les statuts dans la SAS. Une convention réglementée non approuvée peut être annulée ou engager la responsabilité du dirigeant concerné.
Le pacte d'associés : instrument central de la gouvernance des SAS et SA
Le pacte d'associés est l'instrument conventionnel qui complète les statuts pour organiser les relations entre actionnaires, notamment lorsque la société comporte plusieurs catégories d'associés aux intérêts divergents – fondateurs, investisseurs financiers, managers réinvestisseurs. Son analyse juridique révèle une hiérarchie normative délicate : les clauses du pacte ne peuvent contredire les statuts ni les dispositions légales impératives.
Les clauses de gouvernance les plus fréquentes dans les pactes que nous examinons concernent quatre domaines principaux.
- Les droits de vote et les majorités renforcées : certaines décisions stratégiques – changement d'activité, modification du capital, opérations de croissance externe – requièrent l'accord d'un ou plusieurs actionnaires déterminés, quelle que soit leur quotité au capital. Ces clauses doivent être cohérentes avec les dispositions statutaires relatives aux décisions collectives.
- Les clauses de préemption et d'agrément : elles encadrent la circulation des titres entre actionnaires ou vers des tiers. La clause de préemption accorde à certains associés un droit prioritaire d'acquisition en cas de cession. La clause d'agrément soumet la cession à l'approbation préalable d'un organe ou d'une majorité qualifiée. Leur articulation avec les règles légales d'agrément dans la SA est un point technique fréquent.
- Les clauses de sortie : tag-along (droit de suite), drag-along (obligation de cession conjointe), ratchet (ajustement du prix selon performance) organisent les conditions de sortie des actionnaires et la hiérarchie de répartition du prix en cas de cession de la société.
- Les clauses de gouvernance opérationnelle : elles définissent la composition des organes, les modalités de désignation des membres, les conditions de révocation et les droits d'information des actionnaires minoritaires.
Un point d'attention important : le pacte d'associés est un contrat de droit commun. Son exécution forcée est soumise aux règles du Code civil relatives aux contrats. Lorsqu'une clause est violée, la sanction est en principe indemnitaire – dommages-intérêts – et non la nullité de l'acte accompli en violation du pacte. Cette limite est souvent méconnue des parties au moment de la rédaction.
Micro-cas – Paris, hiver 2025
Nous avons accompagné une société de technologie en SAS, actionnaire unique fondateur et fonds d'investissement, dont le pacte ne prévoyait pas de procédure de résolution des désaccords sur les décisions d'autorisation préalable. Un désaccord sur une opération d'acquisition a paralysé la direction pendant plusieurs semaines. Nous avons structuré un avenant au pacte intégrant une clause de médiation préalable et un mécanisme de décision de dernier ressort, permettant à la société de reprendre une trajectoire opérationnelle sans rupture du tour de financement en cours.
Si une démarche antérieure a produit un résultat défavorable – révision d'un pacte refusée, clause contestée lors d'une transaction – un second regard permet d'identifier les leviers restants et de repositionner la négociation.
Pour examiner l'application de votre pacte d'associés à votre opération, contactez-nous à contact@vernaylestang.com.
Responsabilité des dirigeants : ce que la gouvernance change concrètement
Le régime de responsabilité des dirigeants de SAS et de SA est encadré par les dispositions du Code de commerce et du Code civil. La qualité de la documentation de gouvernance détermine directement l'exposition du dirigeant à une mise en cause.
La responsabilité civile du dirigeant peut être engagée à trois titres : vis-à-vis de la société pour une faute de gestion, vis-à-vis des actionnaires pour un préjudice subi en leur qualité d'associé, et vis-à-vis des tiers pour une faute séparable des fonctions. Ce dernier cas est celui qui donne lieu au plus grand nombre de contentieux devant les tribunaux de commerce. La jurisprudence constante de la Cour de cassation retient que la faute séparable des fonctions est celle qui est intentionnelle, d'une particulière gravité et incompatible avec l'exercice normal des fonctions sociales.
La gouvernance influe sur ce régime à plusieurs niveaux. Un dirigeant qui agit dans le cadre des autorisations statutaires et des délégations régulièrement consenties bénéficie d'une présomption de conformité à ses attributions. À l'inverse, un dirigeant qui passe outre une clause d'autorisation préalable – en contractant un engagement significatif sans l'accord requis par les statuts ou le pacte – s'expose à une mise en cause personnelle, indépendamment du résultat de l'opération.
Les conventions réglementées mal encadrées constituent un autre vecteur de risque. La jurisprudence constante des cours d'appel sanctionne régulièrement les dirigeants qui ont conclu des conventions avec des parties liées sans respecter la procédure d'approbation applicable.
Enfin, les situations de conflit d'intérêts non déclarés, même en l'absence de préjudice immédiat pour la société, peuvent constituer un manquement suffisant pour justifier une révocation sans indemnité – sujet particulièrement sensible dans les SAS, où les conditions de révocation du président sont entièrement statutaires.
Cession d'entreprise et gouvernance : les liens à anticiper
La gouvernance des SAS et SA prend une dimension opérationnelle décisive lors des opérations sur le capital. La cession d'un fonds de commerce ou la cession de titres mobilise systématiquement les documents de gouvernance comme objets d'audit et comme cadre de validité de la transaction.
L'analyse préalable conduite par l'acquéreur porte sur plusieurs points de gouvernance. La régularité des décisions antérieures – délibérations des organes, respect des quorums et majorités, approbation des conventions réglementées – conditionne la validité des actes accomplis par la société. Une irrégularité formelle dans une décision d'assemblée peut remettre en cause la validité d'un contrat conclu en exécution de cette décision, avec des conséquences sur la représentation de la cible dans la transaction.
Les obligations du cédant lors d'une cession de titres incluent notamment la communication des documents de gouvernance et la garantie de leur régularité. Les clauses de garantie d'actif et de passif couvrent souvent les conséquences financières d'irrégularités de gouvernance antérieures à la cession. Leur périmètre est négocié lors de la transaction et dépend directement de la qualité de l'audit préalable.
Les clauses d'agrément et de préemption stipulées dans les statuts ou le pacte d'associés doivent être rigoureusement respectées lors de tout transfert de titres. Un défaut d'agrément dans une SA peut entraîner la nullité de la cession. Dans une SAS, les conséquences dépendent de la rédaction du texte applicable : la sanction peut être la nullité, l'inopposabilité à la société ou le versement d'une indemnité.
Micro-cas – Lyon, printemps 2025
Nous avons structuré la cession de titres d'une ETI industrielle en SA dont les procès-verbaux de conseil d'administration présentaient plusieurs irrégularités formelles sur les trois exercices précédant la transaction. L'analyse préalable a permis d'identifier les actes concernés, de qualifier leur incidence sur la validité des engagements contractuels de la cible et de définir le périmètre de la garantie d'actif et de passif correspondante. La transaction a pu être finalisée dans les délais prévus après régularisation documentaire.
Investissement étranger et gouvernance : un cadre de contrôle à intégrer
Lorsqu'une opération de prise de contrôle ou d'entrée au capital implique un investisseur établi hors de l'Union européenne, la gouvernance de la société cible entre dans le périmètre du contrôle des investissements étrangers en France. Ce régime, encadré par les dispositions du Code monétaire et financier, soumet certaines opérations à une autorisation préalable de la Direction générale du Trésor.
Les clauses de gouvernance du pacte d'associés sont directement examinées dans ce cadre. L'attribution à l'investisseur étranger de droits de veto sur des décisions stratégiques – orientations industrielles, accès à des technologies sensibles, politique de sous-traitance dans certains secteurs – peut qualifier l'opération comme soumise à autorisation, même si la quotité de capital acquise est minoritaire.
La stratégie d'investissement étranger sous contrôle réglementaire impose donc une coordination entre la rédaction des documents de gouvernance et l'analyse de l'applicabilité du régime d'autorisation. Cette articulation est souvent négligée dans les transactions menées rapidement, avec pour conséquence une demande d'autorisation tardive qui retarde la réalisation de l'opération.
Dans notre pratique des opérations transfrontalières, nous observons que les dossiers les mieux préparés sont ceux où la gouvernance post-acquisition a été structurée en cohérence avec la réponse à la question du contrôle, et non en parallèle ou après coup.
Tendances et points d'attention pour les dirigeants en 2026
Plusieurs évolutions de pratique et de contexte juridique méritent l'attention des dirigeants et des conseils d'administration au printemps 2026.
La révision des statuts de SAS est le chantier le plus fréquemment différé. Les sociétés constituées avant 2015 opèrent souvent sous des statuts qui ne reflètent pas les évolutions de la pratique notariale et des réformes législatives intervenues depuis. L'absence de clause de médiation préalable, de mécanisme de déblocage des décisions bloquées (deadlock) ou de procédure de valorisation en cas de sortie forcée constitue un risque latent qui se matérialise lors de chaque changement d'actionnariat.
La gouvernance ESG monte en puissance comme critère d'audit lors des opérations. Les acquéreurs et les investisseurs intègrent désormais dans leur analyse préalable l'existence d'une charte de gouvernance, d'un dispositif d'alerte interne et de mécanismes de contrôle des conventions réglementées. Pour les sociétés qui visent une opération de croissance externe ou une ouverture du capital à des fonds institutionnels, l'anticipation de ces exigences réduit le risque de retardement lors de la diligence raisonnable.
La numérisation des assemblées – délibérations par voie électronique, vote par correspondance dématérialisé – est encadrée par les dispositions du Code de commerce, mais son application pratique dépend des statuts. Des statuts silencieux sur ce point peuvent générer des incertitudes sur la validité des délibérations prises à distance, un point que les tribunaux de commerce ont commencé à examiner dans des contentieux post-pandémie.
La délégation de pouvoirs reste un sujet technique insuffisamment documenté dans les PME. Une délégation valide – claire dans son objet, consentie à un délégataire disposant de la compétence et des moyens d'agir – protège le dirigeant délégant en cas de mise en cause. Elle doit être formalisée, datée et conservée. Son absence expose le dirigeant à une responsabilité personnelle pour des actes accomplis par ses collaborateurs dans le cadre de l'activité courante.
Matrice de décision : quel instrument mobiliser selon la situation ?
Selon la nature de la situation rencontrée, le levier juridique approprié diffère. Voici les principaux scénarios que nous rencontrons dans notre pratique.
Situation A – Entrée d'un investisseur financier dans une SAS : instrument principal → révision des statuts et rédaction d'un pacte d'associés complet ; délai → à anticiper en amont de la levée de fonds (plusieurs semaines selon la complexité) ; niveau de risque en l'absence d'action → élevé (clauses mal articulées, droits de vote non calibrés, sorties non organisées).
Situation B – Cession de titres dans une SA avec clause d'agrément : instrument principal → vérification de la procédure d'agrément et régularisation documentaire préalable ; délai → déterminé par les statuts (souvent compris entre quelques semaines et quelques mois) ; niveau de risque en l'absence d'action → très élevé (risque de nullité de la cession).
Situation C – Révocation d'un dirigeant de SAS : instrument principal → statuts (conditions de révocation entièrement statutaires) ; délai → immédiat si les conditions statutaires sont réunies ; niveau de risque en l'absence de clauses claires → élevé (contentieux sur la qualification de la révocation, indemnités).
Situation D – Opération transfrontalière avec investisseur non européen : instrument principal → analyse du régime de contrôle des investissements étrangers + structuration des droits de gouvernance du pacte ; délai → variable selon le secteur et la complexité du dossier d'autorisation ; niveau de risque en l'absence d'action → très élevé (opération nulle en l'absence d'autorisation préalable).
Ce qu'il faut préparer : check-list de gouvernance pour les dirigeants
- Vérifier la cohérence entre statuts, pacte d'associés et règlement intérieur, notamment sur les clauses d'autorisation préalable et les règles de quorum.
- Contrôler la régularité formelle des procès-verbaux des trois derniers exercices (délibérations des organes de direction et d'assemblée).
- S'assurer que les conventions réglementées ont fait l'objet des procédures d'approbation requises.
- Documenter et actualiser les délégations de pouvoirs, en s'assurant qu'elles répondent aux critères de validité (objet, compétence, moyens).
- Qualifier l'opération envisagée au regard du régime de contrôle des investissements étrangers si un investisseur non européen est impliqué.
Domaines liés
- Cession de fonds de commerce – cadre juridique, procédures et points de vigilance lors d'une cession
- Obligations du cédant lors d'une cession de titres – enjeux et stratégies pour les entreprises cédantes
- Investissement étranger sous contrôle réglementaire – stratégie, risques et articulation avec la gouvernance
FAQ – Gouvernance des SAS et SA : questions fréquentes
1. Gouvernance des SAS et SA : quelles évolutions récentes connaître ?
La gouvernance des SAS et SA évolue sous l'effet de trois dynamiques convergentes au printemps 2026 : la montée en puissance des critères ESG dans les audits d'acquisition, la numérisation des processus délibératifs et l'extension progressive du périmètre du contrôle des investissements étrangers à des opérations minoritaires. Les sociétés dont les statuts n'ont pas été révisés depuis plusieurs années peuvent ne pas intégrer les mécanismes devenus standards dans la pratique transactionnelle, notamment les clauses de médiation préalable, les procédures de deadlock et les droits d'information renforcés des associés minoritaires. Une révision périodique des documents de gouvernance, au minimum à l'occasion de chaque opération significative sur le capital, est recommandée.
2. Quelles entreprises sont concernées par ces enjeux de gouvernance ?
Toute société par actions – SAS ou SA – est concernée par les enjeux de gouvernance dès lors qu'elle compte plusieurs actionnaires aux intérêts potentiellement divergents, envisage une opération sur le capital ou souhaite sécuriser la délégation de pouvoirs au sein de sa direction. En pratique, les PME en croissance rapide, les ETI en phase de transmission et les sociétés cibles d'opérations de capital-investissement sont les structures pour lesquelles un audit de gouvernance présente la valeur ajoutée la plus immédiate. Les filiales de groupes français ne sont pas en reste : la qualité de leur documentation de gouvernance conditionne la validité des décisions prises par le groupe dans le cadre de la direction commune.
3. Comment anticiper ces enjeux en pratique ?
Anticiper les enjeux de gouvernance passe par trois actions prioritaires : conduire un audit documentaire des statuts, du pacte d'associés et des procès-verbaux des organes ; identifier les silences et les incohérences entre les documents ; et prioriser les révisions selon le calendrier des opérations envisagées. Cette démarche gagne à être réalisée en dehors de toute pression transactionnelle, pour permettre une négociation sereине des modifications à apporter. Dans notre pratique, les dossiers traités en amont d'une opération aboutissent plus rapidement et à des conditions plus favorables que ceux où la gouvernance n'est découverte qu'au stade de l'audit de l'acquéreur.
4. Quelles sont les principales différences de gouvernance entre la SAS et la SA ?
La principale différence entre la SAS et la SA en matière de gouvernance réside dans le degré de liberté statutaire. La SA est soumise à un cadre légal détaillé qui fixe la composition et les attributions des organes, les règles de quorum et de majorité et les conditions de révocation des mandataires. La SAS offre une liberté quasi totale dans l'organisation des organes et des processus de décision, à l'exception de quelques règles d'ordre public. Cette souplesse est un avantage pour les structures à actionnariat resserré souhaitant adapter leur gouvernance à leur modèle, mais elle exige une rédaction statutaire rigoureuse pour éviter les lacunes créatrices de conflits.
5. Que couvre une analyse juridique de la gouvernance lors d'une cession d'entreprise ?
Une analyse juridique de la gouvernance lors d'une cession d'entreprise porte sur la régularité des décisions antérieures des organes, la validité des conventions réglementées approuvées, la cohérence entre statuts et pacte d'associés, et le respect des clauses d'agrément et de préemption applicables aux titres cédés. Elle identifie les irrégularités formelles susceptibles d'affecter la validité des actes de la société et calibre le périmètre de la garantie d'actif et de passif. Cette analyse est conduite dans le cadre de la diligence raisonnable et ses conclusions orientent directement la négociation des déclarations et garanties.
Vernay & Lestang – Avocats d'affaires, Paris
Notre cabinet intervient en droit des sociétés et en opérations sur le capital pour des dirigeants, des investisseurs et des groupes français et étrangers. Nous structurons les opérations de gouvernance, conduisons les diligences et sécurisons les garanties d'actif et de passif. Notre intervention couvre l'intégralité du cycle de vie de la société, de la constitution jusqu'à la transmission. Les honoraires sont définis après analyse du dossier.
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Avertissement : cette publication a une vocation purement informative et ne constitue pas un conseil juridique. Elle ne saurait se substituer à une analyse adaptée à votre situation. Pour un avis sur votre dossier, écrivez-nous à contact@vernaylestang.com.
Élodie Mazet
Analyste juridique au sein de Vernay & Lestang, Élodie Mazet traite les dossiers de fiscalité des affaires et de structuration du capital. Voir son profil.
Publié le 4 mai 2026
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