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Sanctions du défaut d'autorisation d'investissement : enjeux et stratégies pour les entreprises

Un investisseur étranger qui prend une participation dans une société française active dans un secteur sensible sans avoir préalablement obtenu l'autorisation requise s'expose à des conséquences qui peuvent remettre en cause l'opération dans son intégralité. Ce n'est pas une hypothèse d'école : la direction générale du Trésor instruit activement les dossiers et n'hésite pas à engager les procédures de sanction lorsque l'obligation d'autorisation n'a pas été respectée.

Le défaut d'autorisation d'investissement étranger en France est sanctionné par les dispositions du Code monétaire et financier relatives au contrôle des investissements étrangers. Il expose l'investisseur à la nullité de l'opération, à des sanctions pénales et à des injonctions administratives, y compris la cession forcée de la participation acquise. Ces conséquences s'appliquent indépendamment de la bonne foi de l'acquéreur.

Ce dossier analyse le régime de sanctions applicable, ses fondements juridiques, les leviers d'atténuation disponibles et les stratégies que les directions générales et les directeurs juridiques peuvent mobiliser pour éviter ou corriger une situation de non-conformité.

Pourquoi le contrôle des investissements étrangers en France a-t-il une portée aussi large ?

Le contrôle des investissements étrangers en France désigne le mécanisme par lequel l'État français soumet à autorisation préalable certaines prises de participation ou acquisitions d'actifs réalisées par des entités de droit étranger dans des activités dites sensibles. Ce mécanisme est encadré par le Code monétaire et financier, qui confie l'instruction des dossiers à la direction générale du Trésor (DG Trésor) sous l'autorité du ministre chargé de l'économie. Son champ d'application couvre un périmètre étendu de secteurs, des infrastructures critiques à la santé en passant par la défense, les technologies duales et certains services numériques.

La portée de ce dispositif a connu une extension significative au fil des réformes législatives et réglementaires successives. Le périmètre des secteurs sensibles est défini par décret et révisé périodiquement, ce qui signifie qu'une activité non soumise à contrôle lors d'une opération antérieure peut l'être lors d'une opération ultérieure. Cette instabilité normative constitue, dans notre pratique, l'une des premières sources de non-conformité involontaire : des groupes étrangers qui ont déjà réalisé des opérations en France sans difficultés supposent à tort que leur nouvelle acquisition ne déclenche pas d'obligation de notification.

L'autorisation dite « autorisation Bercy » ne se réduit pas à une formalité déclarative. Elle constitue un acte administratif individuel dont l'absence ou la tardiveté emporte des conséquences juridiques substantielles que les textes qualifient eux-mêmes de sanctions. La distinction entre secteurs soumis à autorisation et secteurs libres suppose une analyse juridique précise, fondée sur la qualification de l'activité réelle de la cible, et non sur son code NAF ou son intitulé social.

Nous observons régulièrement que des investisseurs étrangers, en particulier ceux qui entrent en France pour la première fois, sous-estiment la technicité de cet exercice de qualification. Un secteur peut sembler adjacent à la défense sans y appartenir, ou, à l'inverse, une activité civile peut relever du périmètre du contrôle en raison de ses applications duales. C'est à ce stade précoce que le risque de sanction commence à se former.

Quelles sont les sanctions applicables en cas de défaut d'autorisation ?

Le défaut d'autorisation d'investissement étranger expose l'investisseur à un ensemble de sanctions cumulables, prévues par le Code monétaire et financier et mises en œuvre par voie administrative et pénale. Ces sanctions ne sont pas alternatives : elles peuvent se combiner selon la gravité de la situation et la nature de l'opération.

La première sanction est la nullité de l'opération. Les acquisitions réalisées sans autorisation préalable sont nulles de plein droit. Cette nullité est d'ordre public, ce qui signifie qu'elle ne peut être couverte ni par le consentement des parties ni par l'écoulement du temps, sauf régularisation dans les conditions prévues par les textes. En pratique, la nullité remet les parties dans leur état antérieur et prive l'acquéreur de tout droit sur les actifs ou titres acquis.

La deuxième sanction, de nature administrative, est l'injonction de se conformer aux obligations, assortie le cas échéant d'une cession forcée des participations ou des actifs acquis sans autorisation. Le ministre chargé de l'économie peut ordonner à l'investisseur de céder sa participation ou de rétablir la situation antérieure à l'opération dans un délai qu'il fixe. Cette mesure peut être assortie d'une astreinte administrative journalière.

La troisième sanction est de nature pénale. Les dispositions du Code monétaire et financier prévoient des sanctions pénales pour les personnes physiques et morales qui réalisent une opération soumise à autorisation sans l'avoir préalablement obtenue. Ces sanctions comprennent des amendes dont le plafond est significatif, ainsi que, pour les personnes physiques, des peines d'emprisonnement. La responsabilité pénale peut atteindre les dirigeants qui ont pris la décision d'investissement ou validé le closing de l'opération.

Enfin, l'investisseur peut se voir imposer des conditions spécifiques – engagement de cession partielle, obligations comportementales, restrictions d'accès à des informations sensibles – comme alternative ou complément à une autorisation accordée a posteriori dans le cadre d'une procédure de régularisation. L'autorisation obtenue après l'opération ne purge pas rétroactivement l'irrégularité : elle peut atténuer les sanctions sans les effacer totalement.

Vous avez réalisé ou envisagez une acquisition en France dans un secteur potentiellement sensible ?

La procédure décrite ci-dessus vaut pour les situations courantes. Votre dossier suppose l'examen des actes, des délais et de la pratique de la direction générale du Trésor. Une analyse précoce permet d'identifier le risque avant que l'opération soit réalisée.

contact@vernaylestang.com – pour examiner l'application du contrôle des investissements étrangers à votre opération.

Quels secteurs sensibles concentrent le risque de sanction ?

L'analyse juridique du risque de sanction commence par la qualification de l'activité de la cible au regard du périmètre des secteurs sensibles défini par les textes réglementaires. Ce périmètre est large et évolutif : il inclut des secteurs évidents comme la défense, les activités duales et les infrastructures critiques, mais aussi des domaines moins immédiatement identifiables comme la santé, certaines technologies de l'information, l'eau, l'énergie et les activités essentielles au fonctionnement des institutions de la République.

Dans notre pratique des dossiers d'entrée sur le marché français, nous constatons que les opérations les plus exposées au risque de sanction sont celles portant sur des cibles dont l'activité principale paraît civile ou commerciale mais dont une fraction de l'activité – parfois marginale en termes de chiffre d'affaires – relève d'un secteur soumis à contrôle. Une société de services informatiques qui héberge des données pour le compte d'une entité publique, une société de maintenance industrielle dont un client appartient à la base industrielle et technologique de défense, ou encore une société pharmaceutique qui détient des brevets qualifiés d'intérêt stratégique : autant de configurations dans lesquelles le risque d'omission d'autorisation est réel.

La qualification n'est pas réservée aux seuls cas d'acquisition de contrôle. Les textes soumettent à autorisation des opérations qui n'emportent pas nécessairement le contrôle de la cible, notamment certaines prises de participation minoritaires dans des sociétés actives dans les secteurs les plus sensibles. Cette extension du périmètre a été renforcée par les évolutions législatives récentes, qui ont abaissé les seuils de déclenchement pour certaines catégories d'investisseurs. L'analyse juridique doit donc prendre en compte non seulement la nature de l'activité mais aussi la structure capitalistique résultant de l'opération.

Illustration de pratique (A)

Au premier semestre 2025, nous avons accompagné un fonds d'investissement nord-américain qui envisageait d'acquérir une participation dans une société française de services numériques établie en Île-de-France. L'activité principale de la cible était commerciale, mais un contrat avec un opérateur d'importance vitale avait été identifié lors des diligences raisonnables. La qualification de l'activité au regard des secteurs sensibles a permis de confirmer l'obligation d'autorisation préalable et d'organiser le dépôt du dossier avant le closing, évitant ainsi toute situation de non-conformité.

Comment fonctionne la procédure de régularisation après une opération non autorisée ?

Lorsqu'une opération soumise à autorisation a été réalisée sans que celle-ci ait été préalablement obtenue, le Code monétaire et financier prévoit une procédure de régularisation que l'investisseur peut initier ou que la DG Trésor peut imposer. Cette procédure ne constitue pas un droit acquis pour l'investisseur : la régularisation est accordée à la discrétion de l'autorité administrative, qui apprécie la situation au regard de l'intérêt national, de la bonne foi de l'investisseur et des conditions dans lesquelles l'opération a été réalisée.

La régularisation prend la forme d'une demande d'autorisation présentée après la réalisation de l'opération. La DG Trésor instruit ce dossier selon les mêmes critères qu'une demande préalable, mais dans un contexte qui amplifie les exigences : l'investisseur doit non seulement démontrer que l'opération ne porte pas atteinte aux intérêts nationaux protégés, mais aussi expliquer les circonstances qui ont conduit à l'absence d'autorisation préalable. La durée de l'instruction d'une demande de régularisation peut être plus longue que celle d'une demande standard, les textes ménageant à l'administration une marge d'appréciation plus étendue.

Pendant la période d'instruction de la demande de régularisation, l'investisseur reste dans une situation juridiquement précaire. L'opération est susceptible d'être annulée, et les droits attachés aux titres acquis – droit de vote, droit aux dividendes, accès aux informations – peuvent être paralysés. Cette incertitude pèse à la fois sur la gouvernance de la société cible et sur la valorisation de la participation.

La régularisation peut être accordée avec ou sans conditions. Lorsque des conditions sont imposées – engagements comportementaux, restrictions opérationnelles, obligations de rapport – leur respect doit être suivi dans la durée. Le suivi des conditions et engagements post-autorisation constitue une phase critique souvent sous-estimée, y compris par les investisseurs qui ont obtenu leur régularisation. Le non-respect des conditions peut entraîner la révocation de l'autorisation et la réouverture d'une procédure de sanction.

Une démarche antérieure a produit un résultat défavorable ou incomplet ?

Si une demande de régularisation a été refusée ou si des conditions ont été imposées sans que leur portée ait été pleinement anticipée, un second regard permet d'identifier les leviers restants et de préparer la suite de la procédure dans les meilleures conditions.

contact@vernaylestang.com – pour un premier avis sur votre situation au regard du contrôle des investissements étrangers.

Quels leviers permettent d'atténuer ou d'éviter les sanctions ?

L'atténuation du risque de sanction repose sur trois leviers principaux : l'anticipation lors de la structuration de l'opération, la gestion proactive de la découverte d'une non-conformité, et la négociation des conditions d'une régularisation. Ces leviers ne sont pas également accessibles selon le stade auquel l'irrégularité est identifiée.

En amont de l'opération, le levier le plus efficace est l'analyse juridique de qualification. Avant toute lettre d'intention ou signature de protocole, la question de l'obligation d'autorisation doit être tranchée sur la base des textes en vigueur et de l'activité réelle de la cible. Cette analyse doit intégrer les évolutions récentes du périmètre réglementaire et tenir compte de la structure envisagée pour l'opération. Dans certains cas, la restructuration de l'opération – modification du pourcentage de participation acquise, organisation de mécanismes de gouvernance, échelonnement de l'investissement – peut permettre de réduire l'exposition sans renoncer à l'objectif économique. Il convient toutefois de rester vigilant : les textes prohibent les montages artificiels visant à contourner l'obligation d'autorisation.

Lorsque la non-conformité est découverte après la réalisation de l'opération, la rapidité de la réaction conditionne l'étendue des sanctions encourues. Une auto-dénonciation organisée et documentée, accompagnée d'une demande de régularisation présentée dans les meilleurs délais, est généralement mieux reçue par la DG Trésor qu'une irrégularité portée à la connaissance de l'administration par une tierce partie ou découverte lors d'un contrôle. La coopération active avec les services instructeurs, la transparence sur les circonstances de l'opération et la démonstration de la bonne foi constituent des éléments susceptibles d'influer sur la décision finale.

La analyse des sanctions du défaut d'autorisation que les dirigeants doivent connaître illustre les situations dans lesquelles la responsabilité personnelle peut être engagée. Sur ce point, la séparation claire entre la responsabilité de la personne morale investisseur et celle des personnes physiques ayant pris ou validé la décision d'investissement mérite une attention particulière lors de la constitution du dossier de régularisation.

En matière de mesures conservatoires, la procédure de référé pour obtenir une mesure conservatoire peut, dans certaines configurations contentieuses liées à l'exécution forcée d'une cession, constituer un outil procédural utile pour préserver les droits de l'investisseur dans l'attente d'une décision au fond.

Matrice de décision : quelle stratégie adopter selon la situation de l'investisseur ?

La stratégie à adopter dépend du stade auquel l'investisseur prend conscience du risque et de la nature de l'irrégularité.

Situation A – L'opération n'est pas encore réalisée et le doute porte sur l'obligation d'autorisation : conduire sans délai une analyse de qualification sur la base de l'activité réelle de la cible et des textes en vigueur. Si l'analyse conclut à l'obligation d'autorisation, déposer le dossier auprès de la DG Trésor avant tout signing ou closing. Niveau de risque résiduel : faible si le dossier est complet et la qualification exacte.

Situation B – L'opération est réalisée, aucune autorisation n'a été sollicitée, la situation n'est pas encore connue de l'administration : évaluer d'urgence si l'opération était soumise à autorisation. Si oui, préparer une demande de régularisation documentée et l'adresser à la DG Trésor dans les meilleurs délais. Niveau de risque : modéré à élevé selon le secteur et les circonstances ; atténuable par la coopération active.

Situation C – L'opération est réalisée, la DG Trésor a engagé une procédure d'examen d'office : l'enjeu devient procédural et stratégique. Il convient de répondre aux demandes de l'administration dans les délais impartis, de constituer un dossier de régularisation solide et, le cas échéant, de négocier des conditions acceptables plutôt que de subir une décision d'injonction. Niveau de risque : élevé ; la nullité et la cession forcée sont des issues possibles.

Situation D – Une autorisation a été obtenue mais les conditions imposées ne sont pas respectées : la situation est assimilable à une absence d'autorisation pour les aspects non conformes. Le suivi des engagements post-autorisation doit être immédiatement renforcé et un audit de conformité conduit. Niveau de risque : modéré à élevé selon le degré de non-respect.

Ce qu'il faut préparer – check-list

  • Qualification de l'activité réelle de la cible au regard des secteurs sensibles (analyse juridique sur pièces).
  • Documentation de la structure capitalistique post-opération et identification des seuils de déclenchement applicables.
  • Dossier de demande d'autorisation ou de régularisation : présentation de l'investisseur, description de l'opération, engagements proposés.
  • Cartographie des personnes physiques susceptibles d'engager leur responsabilité pénale.
  • Suivi des conditions et engagements post-autorisation avec jalons de reporting.

Illustration de pratique (B)

À l'automne 2024, nous avons été sollicités par un groupe industriel européen établi dans le Grand Est qui avait réalisé une prise de participation dans une société française sans avoir préalablement sollicité d'autorisation, convaincu que l'activité de la cible n'entrait pas dans le périmètre du contrôle. L'analyse conduite a confirmé que l'opération était soumise à autorisation. Nous avons accompagné la constitution du dossier de régularisation, en organisant le dialogue avec la DG Trésor et en négociant les conditions de l'autorisation accordée a posteriori.

Quelles tendances et points d'attention pour les directions ?

Le contrôle des investissements étrangers en France s'inscrit dans un mouvement de renforcement qui concerne l'ensemble des États membres de l'Union européenne. Les directions générales et les directeurs juridiques d'investisseurs étrangers doivent intégrer plusieurs tendances structurelles dans leur analyse du risque.

Première tendance : l'extension continue du périmètre des secteurs sensibles. Les évolutions réglementaires successives ont progressivement élargi le champ du contrôle à des activités qui n'en relevaient pas auparavant. Cette dynamique est appelée à se poursuivre, sous l'effet conjugué des impératifs de souveraineté économique et de la montée en puissance des technologies critiques. Les investisseurs qui opèrent dans des secteurs numériques, de santé ou d'énergie doivent reconductuire leur analyse de qualification à chaque nouvelle opération, sans présumer de la continuité du cadre applicable.

Deuxième tendance : le renforcement des mécanismes de détection. Les autorités françaises et européennes ont développé des outils de surveillance permettant d'identifier les opérations soumises à contrôle qui n'ont pas fait l'objet d'une notification. Les registres de transparence, les obligations de déclaration des participations significatives et la coopération entre administrations nationales constituent autant de sources d'information pour les services instructeurs. Le risque de détection a posteriori d'une opération non autorisée est significativement plus élevé qu'il ne l'était il y a quelques années.

Troisième tendance : l'évolution de la pratique décisionnelle de la DG Trésor. Nous observons une instruction de plus en plus approfondie des dossiers d'autorisation, avec des demandes d'information complémentaires plus fréquentes et des conditions imposées plus étendues. La qualité du dossier présenté – précision de la description de l'opération, pertinence des engagements proposés, solidité de l'argumentation sur l'absence d'atteinte aux intérêts nationaux – est déterminante pour la durée et l'issue de l'instruction.

Pour les directions générales, la question n'est plus seulement de savoir si une opération donnée déclenche une obligation d'autorisation, mais de structurer une politique d'investissement qui intègre le contrôle des investissements étrangers comme une composante permanente de la gouvernance du risque juridique.

Domaines liés

FAQ – Sanctions du défaut d'autorisation d'investissement

1. Sanctions du défaut d'autorisation d'investissement : quels sont les enjeux pour l'entreprise ?

Le défaut d'autorisation expose l'entreprise investisseur à la nullité de l'opération, à une injonction de cession forcée des participations acquises et à des sanctions pénales applicables aux personnes morales et physiques. Ces conséquences sont cumulables et s'appliquent indépendamment de la bonne foi de l'acquéreur. L'enjeu économique est considérable : la remise en cause d'une acquisition peut entraîner des pertes financières, une atteinte à la réputation commerciale et une paralysie de la gouvernance de la société cible pendant la durée de la procédure.

2. Comment anticiper ces enjeux en pratique ?

L'anticipation repose sur une analyse de qualification conduite avant toute signature d'acte ou de protocole. Cette analyse doit porter sur l'activité réelle de la cible, la structure capitalistique résultant de l'opération et l'état du périmètre réglementaire au moment de l'opération. Si l'analyse conclut à l'obligation d'autorisation, le dossier doit être déposé auprès de la direction générale du Trésor préalablement au closing. Une veille réglementaire régulière sur l'évolution des secteurs sensibles est par ailleurs indispensable pour les investisseurs qui opèrent en France de façon récurrente.

3. Quand consulter un avocat sur ce sujet ?

La consultation d'un avocat est utile dès le stade de l'identification de la cible, avant toute lettre d'intention. Elle est indispensable lorsqu'il existe un doute sur la qualification de l'activité de la cible au regard des secteurs sensibles, lorsqu'une opération a déjà été réalisée sans autorisation, ou lorsqu'une procédure administrative a été engagée par la direction générale du Trésor. Plus la consultation intervient tôt, plus les leviers d'action disponibles sont nombreux.

4. La régularisation efface-t-elle entièrement les sanctions encourues ?

La régularisation, c'est-à-dire l'obtention d'une autorisation après la réalisation de l'opération, atténue mais ne purge pas nécessairement l'ensemble des sanctions encourues. Elle peut conduire la DG Trésor à renoncer à l'injonction de cession forcée et à ne pas transmettre le dossier aux autorités pénales, mais ces décisions relèvent de l'appréciation de l'administration. Les conditions imposées dans le cadre de la régularisation s'appliquent de manière contraignante et leur non-respect expose à de nouvelles sanctions.

5. Quelle est la différence entre l'analyse juridique préalable et la due diligence classique dans ce domaine ?

La diligence raisonnable (ou due diligence) classique dans le cadre d'une acquisition vise à identifier les risques juridiques, financiers et opérationnels de la cible. L'analyse juridique au regard du contrôle des investissements étrangers est une démarche distincte, centrée non sur la cible elle-même mais sur la relation entre l'activité de la cible et le périmètre réglementaire du contrôle. Elle peut être conduite en parallèle de la diligence raisonnable mais requiert une expertise spécifique en droit des investissements étrangers et une connaissance de la pratique de la DG Trésor.

Vernay & Lestang – Avocats d'affaires · Paris

Vernay & Lestang conseille des investisseurs étrangers et des directions générales sur l'ensemble des aspects juridiques de leurs opérations en France. En matière de contrôle des investissements étrangers, le cabinet intervient pour qualifier les opérations au regard des secteurs sensibles, structurer et déposer les dossiers d'autorisation auprès de la direction générale du Trésor, et conduire les procédures de régularisation en cas de non-conformité. L'intervention couvre également le suivi des conditions et engagements post-autorisation. Les honoraires sont définis après analyse du dossier.

contact@vernaylestang.com

Avertissement : cette publication a une vocation purement informative et ne constitue pas un conseil juridique. Elle ne saurait se substituer à une analyse adaptée à votre situation. Pour un avis sur votre dossier, écrivez-nous à contact@vernaylestang.com.

Sophie Renaud – Analyste juridique au sein de Vernay & Lestang, Sophie Renaud traite les dossiers de droit des sociétés, de fusions-acquisitions et d'investissements étrangers en France. Voir son profil. Article publié le 21 avril 2026.

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