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Conformité & Concurrence

Visites et saisies de l'Autorité de la concurrence : le cadre juridique expliqué aux dirigeants

Une opération d'enquête de l'Autorité de la concurrence peut survenir sans préavis, à l'aube, dans plusieurs établissements simultanément. Le dirigeant qui n'a jamais préparé son entreprise à ce scénario se retrouve exposé à une procédure dont les règles, les droits et les risques lui sont, pour l'essentiel, inconnus au moment précis où ils lui deviennent décisifs.

Les visites et saisies de l'Autorité de la concurrence désignent les opérations d'enquête prévues par le Code de commerce en matière de pratiques anticoncurrentielles – ententes, abus de position dominante, échanges d'informations – au cours desquelles des rapporteurs de l'Autorité, assistés d'officiers de police judiciaire, pénètrent dans les locaux professionnels, examinent les documents et systèmes informatiques, et saisissent des pièces susceptibles d'étayer un dossier. En mai 2026, ce dispositif demeure l'un des outils les plus redoutés du droit de la concurrence français, car il combine l'effet de surprise, la force contraignante de l'autorisation judiciaire et la capacité de collecter des preuves en temps réel, avant tout archivage ou sélection de la part de l'entreprise.

Ce dossier examine le cadre juridique applicable, les droits de l'entreprise visitée, les risques opérationnels et les leviers de préparation disponibles – dans la perspective du compliance officer et du directeur juridique qui doivent, dès aujourd'hui, anticiper une telle procédure.

Quel est le fondement juridique des visites et saisies de l'Autorité de la concurrence ?

Les visites et saisies de l'Autorité de la concurrence sont fondées sur les dispositions du Code de commerce relatives aux pouvoirs d'enquête de l'Autorité de la concurrence. Ces dispositions organisent deux régimes distincts : les enquêtes simples, menées avec l'accord de l'entreprise, et les opérations dites « lourdes », conduites sur autorisation préalable d'un juge des libertés et de la détention, sans accord ni préavis. C'est ce second régime qui correspond aux visites et saisies au sens strict.

L'autorisation judiciaire est délivrée par le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire dans le ressort duquel se trouvent les locaux visés. Le juge vérifie que l'Autorité dispose d'éléments permettant de présumer l'existence de pratiques prohibées. Cette vérification porte sur des présomptions, non sur des preuves constituées : le seuil d'autorisation est intentionnellement bas pour préserver l'effet de surprise, qui est lui-même la condition d'efficacité de l'opération.

Le cadre est également conditionné par les garanties constitutionnelles et conventionnelles. Le Conseil constitutionnel et la Cour de cassation ont progressivement renforcé les exigences procédurales applicables à ces opérations, notamment en matière de contrôle effectif du juge, de protection du secret professionnel de l'avocat et de voies de recours. Dans notre pratique, nous observons que les entreprises qui ignorent ces garanties tendent à ne pas les invoquer à temps, ce qui prive la défense d'un levier souvent décisif.

Comment se déroule concrètement une opération de visite et saisie ?

Une opération de visite et saisie débute par la présentation de l'ordonnance d'autorisation aux représentants de l'entreprise, simultanément dans tous les sites visés, à une heure généralement matinale. Les rapporteurs de l'Autorité de la concurrence agissent sous le contrôle d'un officier de police judiciaire, dont la présence est une condition de validité de l'opération.

Les rapporteurs peuvent accéder à l'ensemble des locaux professionnels mentionnés dans l'ordonnance, examiner tous documents – papier ou électronique – et prendre copie ou saisir les originaux. Le périmètre informatique est désormais central : messageries électroniques, serveurs locaux, supports amovibles, ordinateurs portables et téléphones professionnels sont systématiquement inclus. Les données saisies sont placées sous scellés, inventoriées et restituées ou exploitées selon la procédure prévue par les textes.

Les salariés et dirigeants présents peuvent être interrogés sur place. Ils ne sont pas en garde à vue et conservent le droit de se taire, mais toute déclaration peut être versée au dossier. La durée de l'opération varie selon la taille des locaux et le volume documentaire : elle peut s'étendre sur plusieurs jours. Nous accompagnons régulièrement des entreprises lors de ces opérations et constatons que la désorganisation qui prévaut dans les premières heures est, en elle-même, un facteur de risque : un salarié non briefé, un responsable injoignable ou un document mal classé peuvent compromettre la défense avant même que le dossier de fond soit constitué.

Votre entreprise est exposée à une opération d'enquête et vous souhaitez évaluer votre niveau de préparation ?

La procédure décrite ci-dessus vaut pour les situations courantes. Votre dossier suppose l'examen de vos procédures internes, de vos documents sensibles et de la chaîne de commandement en cas d'opération surprise.

Pour un premier avis sur votre niveau d'exposition, adressez-nous un message à contact@vernaylestang.com.

Quels droits l'entreprise visitée peut-elle faire valoir ?

L'entreprise visitée dispose de droits procéduraux substantiels, dont l'exercice effectif conditionne la solidité de la défense ultérieure. Premier droit fondamental : celui d'être assisté par un avocat dès le début de l'opération. L'Autorité est tenue d'attendre l'arrivée du conseil, dans un délai raisonnable, avant de commencer les investigations sur les pièces. Ce délai est précieux : il permet une première organisation de la réponse.

Deuxième levier : la protection du secret professionnel de l'avocat. Les documents échangés entre l'entreprise et son avocat – correspondances, notes, consultations – bénéficient d'une protection spécifique. Les rapporteurs ne peuvent en prendre connaissance ni les saisir. En pratique, cette protection suppose que ces documents soient clairement identifiables comme confidentiels et émanant du conseil juridique externe. Les notes internes rédigées par les juristes salariés de l'entreprise ne bénéficient pas, en droit français, du même niveau de protection.

Troisième droit : le recours contre l'ordonnance d'autorisation. L'entreprise peut contester devant le premier président de la cour d'appel la régularité de l'ordonnance et le déroulement des opérations. Ce recours peut être exercé après l'opération mais doit l'être dans les délais prévus par les textes. Une irrégularité procédurale non soulevée à ce stade peut être définitivement purgée, privant l'entreprise d'un moyen de défense potentiellement décisif devant l'Autorité ou ultérieurement.

Enfin, l'entreprise a le droit de formuler des observations sur l'inventaire des pièces saisies, de contester la saisie de documents couverts par le secret professionnel ou sans lien avec les infractions présumées, et de demander la restitution de pièces indûment saisies.

Quels sont les risques principaux pour l'entreprise et ses dirigeants ?

Le risque immédiat est la constitution d'un dossier de preuve que l'entreprise ne maîtrise plus. Une fois les documents saisis, l'Autorité dispose d'un corpus qu'elle peut exploiter pendant des mois ou des années dans le cadre d'une instruction au fond. Les messageries internes, les présentations commerciales, les tableaux de suivi de prix ou les comptes rendus de réunions professionnelles sont autant d'éléments susceptibles d'alimenter une notification de griefs.

Le risque financier est considérable. Les dispositions du Code de commerce habilitent l'Autorité à prononcer des sanctions pécuniaires dont le plafond est calculé par référence au chiffre d'affaires mondial consolidé du groupe auquel appartient l'entreprise. Ce mode de calcul peut conduire à des montants très significatifs, disproportionnés par rapport à la taille de l'entité française directement impliquée.

Pour les dirigeants personnes physiques, le risque individuel est réel. Les dispositions du Code de commerce prévoient la possibilité de prononcer des injonctions à l'égard des personnes physiques ayant personnellement et décisivement contribué à une pratique anticoncurrentielle, y compris une interdiction d'exercer des fonctions de direction dans le secteur concerné. Ce levier, longtemps peu utilisé, fait l'objet d'une attention croissante.

Au-delà des sanctions de l'Autorité elle-même, une visite et saisie ouvre la voie à des actions en réparation devant les juridictions civiles ou commerciales de la part des partenaires économiques qui s'estimeraient lésés par les pratiques en cause. Le droit de la concurrence français, transposant les directives européennes, organise explicitement ces actions privées en dommages et intérêts.

Illustration de pratique (A)

Lors d'une opération récente (Île-de-France, printemps 2025), nous avons accompagné une société de distribution spécialisée lors d'une visite et saisie portant sur des échanges d'informations entre concurrents. La présence immédiate du conseil a permis d'identifier et de faire exclure de la saisie plusieurs documents couverts par le secret professionnel, et de formuler des observations circonstanciées sur l'inventaire. Ces diligences ont matériellement réduit le périmètre du dossier au fond.

Une démarche antérieure a produit un résultat défavorable ou une opération est en cours ?

Si une démarche antérieure a produit un résultat défavorable, un second regard permet d'identifier les leviers restants : recours contre l'ordonnance d'autorisation, contestation de la régularité des opérations, demande de restitution de pièces, stratégie en vue d'une éventuelle demande de clémence.

Pour examiner l'application de la procédure à votre situation, contactez-nous à contact@vernaylestang.com.

Comment un programme de conformité réduit-il l'exposition aux visites et saisies ?

Un programme de conformité au droit de la concurrence constitue le premier levier de réduction du risque d'opération d'enquête, en agissant en amont sur les comportements susceptibles d'attirer l'attention de l'Autorité. Sa portée est cependant souvent mal comprise : il ne s'agit pas d'un exercice documentaire mais d'un dispositif opérationnel destiné à modifier effectivement les pratiques commerciales, les réflexes de communication et la culture interne de l'entreprise.

Un programme efficace repose sur quatre piliers. D'abord, l'engagement visible et crédible de la direction générale, qui seul garantit que les équipes commerciales prennent le dispositif au sérieux. Ensuite, une cartographie des risques propre au secteur et aux pratiques de l'entreprise – les risques d'une centrale d'achat ne sont pas ceux d'un fournisseur de biens d'équipement. Puis une formation régulière des personnels exposés, couvrant les scénarios concrets auxquels ils sont susceptibles d'être confrontés. Enfin, une procédure interne de remontée et de traitement des alertes, permettant d'identifier et de corriger les dérives avant qu'elles n'atteignent le radar de l'Autorité ou d'un concurrent dénonciateur.

Sur le plan procédural, le programme de conformité remplit une fonction de préparation à l'opération d'enquête elle-même. Il désigne les responsables à contacter en premier, assure que les équipes savent ne pas intervenir sur les documents pendant l'opération, et identifie le conseil externe à appeler immédiatement. Dans notre pratique des programmes de conformité, nous observons systématiquement que les entreprises dont les équipes ont été formées à ce protocole gèrent la phase initiale de l'opération de façon incomparablement plus maîtrisée que celles qui la découvrent sur le moment.

L'existence d'un programme de conformité peut, dans certaines conditions, être prise en compte par l'Autorité au stade de la fixation de la sanction, comme facteur d'atténuation. Cette prise en compte n'est pas automatique et ne saurait être présentée comme une garantie de résultat, mais elle constitue un levier de défense à mobiliser.

La conformité au droit de la concurrence s'articule également avec d'autres chantiers réglementaires, notamment le droit de la concurrence applicable aux opérations de M&A et aux restructurations, qui soulève des enjeux distincts en matière de coordination pré-closing et d'obligations de notification.

Quelles évolutions récentes et tendances le compliance officer doit-il surveiller ?

Plusieurs tendances marquent l'évolution du cadre des visites et saisies et méritent l'attention des responsables conformité en 2026. La première est la montée en puissance des investigations numériques. L'Autorité dispose aujourd'hui de capacités techniques qui lui permettent d'explorer des volumes de données considérables en un temps réduit, y compris des archives de messagerie chiffrée, des données stockées dans des environnements cloud ou des communications via des applications mobiles. Les entreprises qui n'ont pas réfléchi à la cartographie de leurs données et à leur accessibilité sous contrainte sont exposées à des saisies plus larges que nécessaire, difficiles à contester ensuite.

La deuxième tendance est le renforcement de la coordination entre l'Autorité de la concurrence française et la Commission européenne, dans les dossiers présentant une dimension transfrontalière. Une opération nationale peut précéder ou accompagner une enquête européenne, et les pièces saisies peuvent alimenter les deux procédures. Dans les groupes internationaux, cette coordination impose une réaction coordonnée au niveau du siège et des filiales concernées, simultanément.

La troisième tendance est l'usage croissant par l'Autorité de la procédure de transaction, qui permet à l'entreprise de reconnaître les faits en échange d'une réduction de sanction. La décision de s'engager dans une transaction doit être analysée avec soin, car elle implique la renonciation à certains moyens de défense. La connaissance de cette option dès le stade des visites et saisies – et non en bout de procédure – conditionne la qualité de l'arbitrage stratégique.

Enfin, l'articulation entre les visites et saisies en droit de la concurrence et le contrôle des concentrations mérite attention : une opération de croissance externe menée sans notification requise, ou assortie de conditions non respectées, peut déclencher une enquête qui se matérialise par une visite et saisie. Ces deux dimensions sont plus étroitement liées qu'on ne le perçoit généralement.

Illustration de pratique (B)

Dans le cadre d'un mandat récent (Hauts-de-France, automne 2024), nous avons assisté un groupe industriel de taille intermédiaire dont plusieurs filiales faisaient simultanément l'objet de visites coordonnées. La coordination immédiate entre les sites, le déclenchement du protocole interne et l'intervention rapide du conseil ont permis de centraliser les observations sur l'inventaire et de formuler un recours ciblé devant le premier président de la cour d'appel, aboutissant à l'exclusion de plusieurs catégories de documents.

Quelle est la méthode du cabinet pour préparer et gérer une procédure de visite et saisie ?

Notre approche distingue deux moments : la préparation anticipée, qui intervient hors de toute procédure, et la gestion en temps réel, qui suppose une capacité d'intervention immédiate.

En phase de préparation, nous travaillons avec la direction juridique à l'élaboration ou à l'actualisation du protocole interne « opération d'enquête » : identification des interlocuteurs, chaîne d'alerte, liste de vérification à l'attention des personnes présentes lors de l'opération, cartographie des documents sensibles et des données couvertes par le secret professionnel. Ce travail s'inscrit dans le cadre plus large d'un programme de gestion des risques juridiques que nous aidons nos clients à formaliser.

En phase de gestion, notre intervention lors de l'opération elle-même vise à exercer les droits de l'entreprise dans les meilleures conditions : attente raisonnée avant le début des investigations sur les pièces, identification et protection des documents couverts par le secret professionnel, assistance lors des interrogatoires sur place, formulation d'observations sur l'inventaire. Nous documentons chaque étape de façon à préparer, si nécessaire, un recours devant le premier président.

En aval de l'opération, nous analysons les éléments saisis pour construire la stratégie de défense au fond, évaluer l'opportunité d'une demande de clémence ou d'une transaction, et préparer la communication interne et externe adaptée à la situation.

Matrice de décision et check-list de préparation

La situation de l'entreprise et le moment d'intervention déterminent la nature des diligences à engager :

Situation A – En amont de toute procédure : audit de conformité concurrence → identification des risques sectoriels → élaboration ou mise à jour du programme de conformité et du protocole interne → formation des équipes exposées → niveau de risque : maîtrisé si le programme est opérationnel.

Situation B – Lors de l'opération : intervention immédiate du conseil externe → exercice du droit à l'assistance → protection du secret professionnel de l'avocat → observations sur l'inventaire → documentation des irrégularités éventuelles → niveau de risque : fonction de la qualité du protocole interne et de la rapidité d'intervention.

Situation C – En aval de l'opération : analyse des pièces saisies → évaluation du recours contre l'ordonnance → analyse de l'opportunité de clémence ou de transaction → préparation de la défense au fond → niveau de risque : fonction du dossier constitué par l'Autorité et des irrégularités procédurales identifiables.

Check-list « ce qu'il faut préparer » :

  • Identifier et former dès maintenant les personnes responsables de la gestion d'une opération d'enquête (au minimum : un responsable par site, un interlocuteur unique pour le siège, un numéro de conseil externe disponible à toute heure).
  • Cartographier les documents et données sensibles susceptibles d'être saisis et vérifier leur identification comme confidentiels lorsqu'ils relèvent du secret professionnel de l'avocat.
  • Rédiger ou actualiser le protocole interne « opération d'enquête » : liste de vérification, chaîne d'alerte, conduite à tenir pour les salariés présents.
  • Évaluer le programme de conformité existant au regard des risques sectoriels réels, et non d'une liste générique.
  • Définir la stratégie de communication interne et externe applicable en cas d'opération, pour prévenir toute déclaration spontanée mal maîtrisée.

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Questions fréquentes

1. Quels leviers d'action existent pour l'entreprise lors d'une visite et saisie ?
L'entreprise dispose de plusieurs leviers d'action immédiatement activables lors d'une visite et saisie : le droit à l'assistance d'un avocat dès le début de l'opération, la protection des documents couverts par le secret professionnel de l'avocat externe, la possibilité de formuler des observations sur l'inventaire des pièces saisies, et le droit de contester la régularité de l'ordonnance d'autorisation devant le premier président de la cour d'appel. L'efficacité de ces leviers dépend de la rapidité et de la précision avec lesquels ils sont exercés : un droit non invoqué dans les délais peut être définitivement perdu.
2. Visites et saisies de l'Autorité de la concurrence : quelles évolutions récentes connaître ?
Les évolutions récentes les plus significatives portent sur trois axes : l'extension des capacités d'investigation numérique de l'Autorité, qui couvrent désormais les environnements cloud et les messageries chiffrées ; le renforcement de la coordination entre l'Autorité française et la Commission européenne dans les dossiers transfrontaliers ; et l'usage croissant de la procédure de transaction, qui modifie l'équilibre stratégique entre défense au fond et négociation de la sanction. Ces évolutions conduisent les entreprises à réviser leurs protocoles de gestion de crise et leurs programmes de conformité en tenant compte d'un périmètre de collecte de preuves nettement élargi.
3. Quelles entreprises sont concernées par les visites et saisies de l'Autorité de la concurrence ?
Toute entreprise active en France, quelle que soit sa taille, peut faire l'objet d'une opération de visite et saisie dès lors que l'Autorité dispose d'éléments permettant de présumer une pratique anticoncurrentielle – entente horizontale ou verticale, abus de position dominante, échanges d'informations sensibles. Les PME, les ETI et les grandes entreprises sont également exposées. Les secteurs historiquement ciblés sont la distribution, l'industrie, les services aux entreprises et la construction, mais aucun secteur n'est exempt. Une entreprise étrangère opérant en France via une filiale ou une succursale peut également faire l'objet d'une telle opération.
4. La procédure d'analyse juridique interne est-elle protégée lors d'une saisie ?
L'analyse juridique interne n'est pas, en droit français, protégée par le secret professionnel de l'avocat lorsqu'elle est rédigée par un juriste salarié de l'entreprise, même s'il est titulaire d'un diplôme juridique. Seuls les documents échangés avec un avocat externe inscrit au barreau – consultations, correspondances, notes de conseil – bénéficient de cette protection. Il en résulte une distinction pratique importante : les notes d'analyse rédigées en interne peuvent être saisies, alors que les consultations reçues du conseil externe doivent être clairement identifiées et peuvent être soustraites à la saisie.
5. Comment articuler programme de conformité et gestion des visites et saisies dans le cadre d'un groupe international ?
Dans un groupe international, le programme de conformité au droit de la concurrence doit intégrer explicitement un volet « gestion des opérations d'enquête » décliné par juridiction, car les règles procédurales – droits de l'entreprise visitée, protection du secret professionnel, voies de recours – varient sensiblement d'un État à l'autre. En France, la coordination entre la direction juridique du groupe, le conseil français et les relais locaux doit être prévue et testée avant toute crise. Nous accompagnons régulièrement des groupes dans la mise en place de ces dispositifs transfrontaliers, en coordination avec des conseils locaux dans les juridictions concernées.

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